Les fidèles de la Commission européenne lancent au grand galop la destruction de nos services publics bien avant la date prévue !!!

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Valérie Pécresse annonce la première phase du démantèlement de la RATP et se charge de faire du zèle en appliquant avant l’heure les traités de fonctionnement de l’Union européenne, ainsi que les fameuses GOPÉ (grandes orientations de politique économique) venant en droite ligne de la Commissions européenne (articles 106 et 121 du TFUE).

Valérie Pécresse, présidente Les Républicains de la région Île-de-France (IDFM ex-Stif), ouvre la porte à un saucissonnage dite « tactique du salami », de tout le réseau Francilien de transport public.

L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, à l’origine de la loi sur la Réforme de l’Université de 2007 sous l’ère Sarkozy, exige, dans le cadre d’appels d’offres, la création de sociétés privées pour l’exploitation de la future ligne T9. La présidente d’Île-de-France Mobilités (ex-Stif) a défini la semaine passée les contours de l’appel d’offres concernant l’exploitation de la future ligne de tramway T9, reliant Paris à Orly, et qui devrait remplacer dès 2020, la ligne de bus 183 (~52 000 voyageurs par jour), historiquement opérée par la RATP. L’appel d’offres stipule via l’article III.2.2, que « pour faciliter le contrôle des engagements souscrits (…) le délégataire s’engage à créer une société dédiée dont l’objet social sera exclusivement réservé à l’exécution du contrat ». Pour rappel, la mise en concurrence des lignes de la RATP sur le réseau bus et de sa maintenance entrera en vigueur officiellement au 1er janvier 2025 * mais, en pratique, cela se fera bien avant, jeux Olympique de Paris 2024 aidant !

Depuis 2002, la RATP a anticipé cette mise en concurrence voulue par l’Union européenne en créant sa filiale RATPDev. Celle-ci gérant déjà de grandes villes aussi bien ici, en France (Valencienne, Vannes, Aix-Les-Bains, Vierzon, etc.), que de par le monde (Londres, Riyad, Alger, Washington, Hong Kong, etc.). Cette filiale est sous statut “société anonyme”. Tiens, tiens, cela ne vous rappelle rien… ? Oui, oui, le futur statut de la SNCF quand la réforme sera entérinée par les sénateurs et les députés !

Bus RATP de la ligne 27 à la station Place d’Italie, désormais aux couleurs de la région Île-de-France Mobilité !

Au moment même où le gouvernement d’Édouard Philippe « privatise » la SNCF en droite ligne des traités de l’Union européenne (Article 106 alinéa 2) et prend acte, entre, autres du changement de statut juridique de l’entreprise historique, la Présidente LR Île-de-France influe pour chambouler dans la foulée la « mise en concurrence » de la RATP (terme employé dans l’article 106 du TFUE, signifiant tout simplement la privatisation des services publics). Pour mieux comprendre les enjeux, lisez l’article de Charles-Henri Gallois (Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR) sur la mise en concurrence de la SNCF et des services publics.

Notons que si François Fillon avait accédé à la fonction présidentielle, celui-ci aussi aurait procédé au démantèlement imposé par l’UE de nos services publics, comme d’ailleurs les 8 autres anciens candidats à cette élection, sauf bien sûr l’UPR avec François Asselineau.

« Test grandeur nature qui prévaudra pour l’ensemble des autres régions Française ? »

En d’autres termes, Madame Pécresse est-elle mandatée pour accélérer les réformes demandées par les GOPÉ de la Commission européenne comme pour la SNCF, à contraindre la RATP, si elle remportait l’appel d’offres, à utiliser RATPDev ou une filiale spécialement crée comme elle le préconise ? C’est, à coup sûr,  la porte ouverte au démantèlement ligne par ligne de l’Épic RATP. Ce saucissonnage, dit « tactique du salami », de tout le réseau bus et de sa maintenance dans un premier temps, puis du reste du groupe RATP, aura non seulement des conséquences évidentes en termes de dumping social, mais va continuer à désorganiser la maintenance, sans, bien entendu, parler des conditions de transfert du personnel.

C’est ce test grandeur nature qui prévaudra pour l’ensemble des autres régions françaises, ainsi que pour les autres présidents de régions, et exigera de la SNCF la création, sur le même modèle, d’une filiale privée pour exploiter les lignes de TER une fois le réseau ouvert à concurrence. C’est bien là aussi la volonté de continuité de la mise en œuvre des euro-régions voulue par la construction européenne, programmant à terme la disparition de notre pays.

Nouveau bus RATP hybride Iveco de la ligne 62, arborant désormais les couleurs de la région Île-de-France Mobilité !

Main dans la main, les européistes et ultralibéraux de tout poil sont bien décidés à détruire minutieusement l’ensemble du service public de transports en privatisant « via la tactique du salami, tranche par tranche » les opérateurs historiques que sont la RATP et la SNCF.

L’avenir des transports en Île-de-France n’augure rien de bon pour les Franciliens qui doivent s’attendre à subir les effets de cette libéralisation pour le plus grand profit des grands groupes Internationaux.

Il est intéressant, à cet égard, de regarder ce qui s’est passé en Grande-Bretagne, pour comprendre ce vers quoi nous nous dirigeons… pays qui, au passage, semble vouloir renationaliser ses transports au vu des pitoyables résultats de la privatisation systématique !

* Règlement européen osP – 1370-2007 du 23 octobre 2007 ; Loi 2009-1503 du 9 décembre 2009 ; Décret d’application loi oRtF 2012-1094 du 27 septembre 2012.

 


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